Partager l'article ! Révise tes gammes de violon...: La vie est une chienne insondable. On a tous, un jour, eu l'envie de devenir célébre. Certe, a des niveaux ...
La vie est une chienne insondable.
On a tous, un jour, eu l'envie de devenir célébre. Certe, a des niveaux différents, dans des domaines qui varient en fonction des modes et des époques.
Pour ma part:
- En 93, en écoutant le TUBE Pinocchio, avec l'un des looks les plus improbables de ma carrière (casquette à l'envers, surchemise Bucheron à carreaux et des baskets style Pump, pas assez d'argent pour acheter les vraies): je voulais devenir DJ de Lagoa, en ignorant ce que c'était ce lieu et à la limite en ignorant
également ce qu'était un DJ. Mais ça faisait "fascheune" de dire ça. Ma mère m'a bloquée dans mes rêves de démesure et m'a inscrite au violon...
- Début 94: en voyant mon meilleur ami débarquer au collège avec un t-shirt " 2 unlimited", je voulais être aussi connue qu'Hervé et Noel et présenter les "Dance Machine" avec Ophélie. Ma mère
m'a bloquée dans mes rêves de démesure et de "Haddaway" en me forçant, le mercredi après-midi, à revoir mes gammes de violon
- Fin 94-début 95: j'ai changé d'optique, mon côté "j'habite dans une cité m'a rattrapé", donc comme Doc Gynéco, j'ai acheté une paire de Stan-smith (j'ai fumé 1 ou 2 splifs, j'ai fait 48h de
bad, j'ai arreté de me droguer). Une chose était sure: je voulais percer dans le rap. Ma mère m'a bloquée dans mes rêves de démesure et de "chaînes en or qui brillent" en me forçant, le mercredi
après-midi, à revoir mes gammes de violon....
- Mi 95: j'ai grandi, je suis allée au lycée en ville: ambiance "je monte à la capitale". J'ai fait du sitting dans la cour du lycée pour la mort de Kurt Cobain, en me vernissant
l'ongle du pouce en noir. Je voulais devenir GRunge (métier assez obscure) mais je n'adhérais pas assez au concept " I hate myself and I want to die". Ma mère m'a bloquée dans mes rêves de
démesure et m'a filé du dissolvant en me forçant, le mercredi après-midi, à revoir mes gammes de violon...
- En 96: J'ai découvert la beauté des mots: je voulais devenir Boris Vian, enfin auteur. C'était ma période romantico-dégueulasse: je buvais des bières en terrasse, en fumant des roulées, en
lisant de la vraie littérature: "j'irai cracher sur vos tombes" et en écoutant Léo Ferré. Ma mère m'a bloquée dans mes rêves de démesure et m'a filé la sélection du mois de France
Loisir, en me forçant, le mercredi après-midi, à revoir mes gammes de violon...
Etrangement, je suis aujourd'hui chomeuse, illustre inconnue, et j'ai arreté le violon...
Mais, je garde toujours l'espoir de devenir Dijette et animer des soirées Berlinoise ( mais je n'ai pas le sens du mix),présenter une émission qui fera date dans l'histoire de la télévision (mais
mon ton saumoné risque de mal passé à l'écran), d'être aussi pipolisée que kurt, Amy ou Pete (mais je me lave trop les cheveux), d'écrire un roman qui sera étudié au baccalauréat 2018 (mais je ne
comprends rien aux romans primés au Goncourt).
Je deviendrai donc la nouvelle Hugh Heffner.
Fais chier pourquoi, j'ai arreté le violon...
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Mais dis toi que sans elle, tu ne m'aurais pas connu!
Danke Galinette!